vendredi 28 janvier 2022
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L’orientation, clé de la réussite scolaire au Maroc

L’avenir scolaire du jeune est fonction de son orientation dès la deuxième année du collège. Le conseiller d’orientation doit informer l’élève et ses parents, à l’aider à élaborer son choix des études futures, à préparer son projet personnel.

L’orientation est la clé de la réussite. Cette évidence n’est malheureusement pas toujours bien assimilée, aussi bien par le corps pédagogique que par les conseillers en orientation dans les établissements scolaires. De nombreux porfessionnels

reconnaissent que l’orientation, déclarée pourtant partie intégrante du processus d’éducation par la Charte d’éducation et de formation dans son article 19, n’est pas à la mesure des recommandations faites dans ce sens. Cette orientation, rappelle la charte, «accompagnera et facilitera la maturation vocationnelle, les choix éducatifs et professionnels des apprenants, ainsi que leur réorientation, chaque fois que de besoin, dès la seconde année du collège et jusqu’au sein de l’enseignement supérieur». C’est un service gratuit offert par les cadres d’orientation (conseillers ou inspecteurs en orientation scolaire) dépendant du ministère de l’éducation nationale, au sein des délégations pour un public restreint (élèves des établissements dépendant de cette délégation et leurs parents…), ou bien au centre de consultation et d’orientation pour un public plus large (élèves de la délégation du ministère de l’éducation nationale et leurs parents, chercheurs et autres…). Chaque collège dispose bien d’un conseiller en orientation (CO, appelé mouwajjih), mais dans la pratique sa fonction, telle que menée aujourd’hui et depuis des années, s’écarte de l’esprit de la charte. Plus de dix ans après l’entrée en vigueur de cette charte, et trois ans après celle du plan d’urgence, cette orientation ne se fait encore qu’à partir de la 3e année du collège, et, plus grave, elle est menée «sans grand professionnalisme», martèle ce directeur d’académie régionale d’éducation et de formation. Et de poursuivre que  «l’orientation ne concerne pas une une seule année, mais tout le cursus secondaire jusqu’au bac, et au delà. Elle doit s’appuyer sur le projet de l’élève, un projet personnel basé sur la personnalité et le choix de l’élève et son projet professionnel d’avenir, or notre conseiller d’orientation se contente de donner de simples informations sur les branches à suivre».
Les spécialistes de l’éducation souhaitent que cette orientation démarre juste avec le collège, à 12-13 ans. Voire avant, dès l’école primaire, à l’aide de tests psychotechniques. Car, pour eux, l’orientation est un processus de décision qui demande du temps, et il s’élabore et mûrit au fil des années. Autant commencer tôt. «Ensuite, parce qu’il est important que l’élève apprenne à développer ses connaissances et sa compétence à s’orienter, de telle sorte qu’à la fin du collège, il puisse choisir au mieux la solution qui lui convient», estime Naima El Medkouri, spécialiste en orientation. La solution qui lui convient, c’est-à-dire poursuivre, selon ses capacités et son vouloir, les études jusqu’à l’obtention du bac et au-delà, ou se tourner vers un cycle de formation professionnelle et d’insertion. Que doit faire exactement le conseiller en orientation ? Sa tâche consiste à assurer, comme l’avait prévu la Charte d’éducation et de formation elle-même, l’information complète et pertinente des apprenants et de leurs parents sur les possibilités d’études et de travail, d’évaluer aussi les aptitudes et les difficultés d’apprentissage des apprenants, de conseiller les actions d’appui pédagogique nécessaires. Et d’aider, enfin, ceux qui le désirent à la formulation de leurs choix d’orientation et de leurs projets personnels.
Le projet personnel (PP) est donc une condition importante et sine qua non pour faire le bon choix, sans lequel l’élève ne saura quoi faire comme études plus tard. Or, beaucoup d’élèves à leur arrivée au bac n’ont encore prévu aucun projet. Pour ceux qui réussissent leur bac, et qui veulent poursuivre des études supérieures, «il leur faut en plus, absolument, un projet professionnel», tranche Hassan Fnine, directeur pédagogique de l’ESG (voir encadré) : c’est ce projet «qui guide l’étudiant dans son cursus pour savoir quels stages faire et dans quelles entreprises et quels secteurs, quel projet de recherche réaliser, pour quel mémoire de fin d’études opter».

 

L’orientation doit aider le jeune à la connaissance du monde scolaire et professionnel et les stratégies décisionnelles

C’est donc au conseiller en orientation, dans chaque établissement scolaire (collège et lycée), qu’incombe la tâche d’aider les élèves, et leurs parents, à choisir l’orientation qu’il faut en leur fournissant tous les documents nécessaires, en participant aux différents conseils techniques (conseils de classe, d’enseignement, de gestion…), en les aidant à élaborer leur projet personnel.  Pour pouvoir accomplir cela, il faut que ce conseiller en orientation soit lui-même suffisamment bien formé, voire diplômé du centre d’orientation et planification de l’éducation institué par le ministère de l’éducation nationale.
La formation pour devenir CO est ouverte aux enseignants titulaires qui ont une ancienneté de quatre ans d’exercice au 2e cycle collégial. Elle dure quatre ans, et porte sur des modules pointus comme la psychométrie, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, la psychologie sociale, les statistiques, l’économie et les méthodologies de recherches. Mais une fois sur le terrain, l’orienteur met-il réellement en pratique ce qu’il a appris ? L’orienteur doit inculquer aux élèves une éducation à l’orientation. Laquelle, selon Mme El Medkouri, «se fait au moyen de mises en situation collectives basées sur l’expérience, de stratégies pédagogiques qui stimulent, tout au long des 3 années de collège, l’émergence de ces habiletés et l’intégration de ces comportements. Ces mises en situation psychopédagogiques s’articulent autour de trois grands axes : la connaissance de soi (traits personnels, intérêts, habiletés, etc.), la connaissance du monde scolaire et professionnel (les filières scolaires, les métiers, les liens entre personne et travail, etc.), et les stratégies décisionnelles». Ces activités sont-elles pratiquées ? «Hélas, pas vraiment ou très rarement», se désole la spécialiste. Conséquence : on est en face à de jeunes élèves indécis et incapables de prendre une décision fondée, argumentée. «Certains optent pour une filière qui n’est en rapport ni avec leurs intérêts ni avec leur chance de réussite pour la seule raison que cette filière est la plus valorisée socialement. D’autres s’en remettent au hasard, d’autres encore sollicitent les avis de tierces personnes», conclut-elle. Pour permettre aux conseillers en orientation d’accomplir au mieux leur tâche, il faut que le MEN élargisse leur champ, estime cet inspecteur en éducation. «Il faut que ces conseillers soient ouverts sur leur société, le marché de l’emploi, et sur la famille», ajoute-t-il. Cela dit, la décision de l’avenir de l’élève ne se prend pas individuellement, mais en concertation avec les parents. Le conseiller doit être en contact aussi avec la famille, et ses conseils doivent être basés sur des tests psychotechniques. «La Charte et le Plan d’urgence tablent sur un taux  de 2/3 des élèves devant suivre des branches scientifiques et techniques, c’est une bonne décision, sauf qu’elle doit être travaillée à la base. Avoir 15 ou 16 en maths et en physique n’est pas un critère suffisant pour orienter un élève vers une branche scientifique à 100%, il faut prospecter d’autres critères liés à la personnalité de l’individu et à ses préférences», juge M. Fnine. L’essentiel n’est pas seulement d’augmenter le nombre mais aussi de faire en sorte que ces jeunes aient de très bonnes bases partout.

La Vie éco

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