lundi 29 novembre 2021
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Avancée spectaculaire des écoles privées et des filières scientifiques et techniques

Le nombre d’élèves dans le public, tous niveaux confondus, est passé entre 2004 et 2010 de 5 834 969 élèves à 6 379 689. Sur la même période, dans le privé, il

est passé de 280 148 élèves à 641 344 élèves.

Le nombre d’élèves qui ont fréquenté les écoles marocaines publiques du préscolaire au bac durant cette année s’élève à  6 379 689. L’enseignement privé connaît un saut spectaculaire : ses effectifs sont passés entre 2004 et 2011 de 280 148 à 641 344 élèves. Les effectifs des branches scientifiques ont surpassé les branches littéraires, et la gente féminine constitue quasiment la moitié des élèves au Maroc. Le nombre des étudiants des classes préparatoires aux grande écoles a  plus que doublé entre 2004 et 2011, puisqu’il est passé de 3 211 à 7 223.


C’est ce qu’on lit dans un recueil statistique de l’éducation 2010-2011, préparé par le ministère de tutelle, particulièrement riche en informations chiffrées, avec des comparaisons sur l’évolution des chiffres entre l’enseignement public et l’enseignement privé, garçons et filles, milieu urbain et milieu rural. Le recueil renseigne également et avec précision sur le nombre d’établissements scolaires, d’enseignants, de cadres administratifs, de bénéficiaires des bourses, des cantines et des fournitures scolaires.
Ainsi, on y apprend que le Maroc compte en 2011 un total de 9 705 établissements scolaires publics, entre primaire, secondaire collégial et secondaire qualifiant, dont 5 276 se trouvent dans le monde rural. Le nombre des établissements privés, pour l’année 2010-2011, a atteint, lui, 3 168. En 6 ans, ce nombre a plus que doublé dans ce secteur puisqu’il ne dépassait pas 1 532 établissements en 2004.
Le nombre d’élèves dans tous ces établissements publics n’a que légèrement augmenté dans le secteur public, déperdition scolaire affectant annuellement le système d’enseignement marocain oblige.  Ainsi, ce nombre est passé durant l’année scolaire 2003-2004 de 5 834 969 élèves à seulement 6 379 689 en 2010-2011, soit une hausse de moins de 500 000 élèves, en six ans. Ce qui est négligeable. Avec une légère avance masculine, puisque sur 6,3 millions, le nombre de filles est  passé dans la même période de 2 689 352 à 2 986 624. La lecture de ces statistiques nous montre, aussi, que c’est dans le milieu urbain que la majorité des enfants sont scolarisés avec presque 4 millions d’élèves.  Mais ce sont les effectifs des élèves des écoles privées, du primaire au bac, qui connaissent une évolution spectaculaire. Ce nombre est passé en 2003-2004 de 280 148 élèves  à 641 344 élèves en 2010-2011, soit une hausse de plus de 360 000 élèves (presque 100%), alors que dans le public cette hausse n’a été que de 500 000 durant la même période, avec un effectif global en 2003-2004 de 5,8 millions. Cela nous permet de tirer deux conclusions logiques : que la déperdition scolaire frappe moins les écoles privées que le système de l’enseignement public, d’une part, et que,  d’autre part, de plus en plus de parents inscrivent leurs enfants dans les établissements privés, même si cela leur coûte cher.

Une hausse de 100% dans le primaire privé avec 470 855 élèves en 2010-2011

Ainsi, constatons-nous une différence de taille entre l’évolution des effectifs dans le public et dans le privé concernant le cycle primaire. Entre 2004 et 2010, les effectifs des écoles primaires publiques ont carrément baissé : ils sont passés de 3,9 millions d’élèves à 3,6 millions seulement soit 300 000 de moins. Au même moment, les effectifs de l’enseignement primaire privé sont en constante hausse : ils étaient, en 2003-2004, 223 232 élèves, ils seront, en 2010-2011, 470 855, soit une hausse de plus de 100%.
Mais, force est de constater qu’un effort colossal est fourni par le MEN pour encourager les enfants à fréquenter l’école et y rester, efforts qui s’inscrivent dans le cadre du plan «Najah» (réussite) décrété en 2009. Ainsi, plus d’un million d’élèves du primaire ont bénéficié des cantines et des internats en 2010-2011, et 3 millions ont eu droit gratuitement à des fournitures scolaires la même année.
L’évolution des effectifs dans les collèges ne diffère pas beaucoup du primaire, le privé avance, le public aussi, mais pas avec le même rythme : dans l’enseignement public ils étaient 1 134 223 élèves en 2004, en 2011 ils seront un peu plus de 1,36 million. Alors que dans les collèges privés, ils étaient 27 167 élèves en 2004, ils seront un peu plus de 96 000 en 2011, soit un triplement des effectifs en 6 ans. Au niveau des lycées, la même constatation : ce chiffre pour la même période est passé de 573 648 à 847 513 dans le public, et dans le privé il est passé de 27 749 élèves à un peu plus de 74 000 élèves.
Autre évolution remarquable : celle des classes préparatoires aux grandes écoles marocaines (CPGEM) qui comptaient 7 223 inscrits en 2010 contre 3 211 en 2004. Les effectifs ont donc plus que doublé et, fait intéressant à relever, les filles représentent la moitié de ces effectifs. La part du lion pour les classes prépas va à la branche purement sciences mathématiques (1 765), suivie de la branche mathématiques-physiques (1 724) et de la branche physique et sciences de l’ingénierie (1 422). Viennent ensuite les branches technologie et sciences industrielles, économie et commerce. L’effectif des classes prépas en lettres et sciences humaines ne dépasse pas 99 étudiants. Les deux grands lycées casablancais en classes prépas  (lycée Al Khansa et lycée Mohammed V) accaparent à eux seuls un millier d’étudiants. Après Casablanca vient Marrakech avec 774 étudiants, Rabat (567), Agadir (565), Oujda (453) et Fès (539).
Quand on analyse les statitistiques, il paraît très vite que le parent pauvre reste incontestablement le préscolaire. Si la scolarisation en première année du primaire, qui concerne les enfants en âge de scolarité, soit 7 ans, enregistre une quasi-généralisation (plus de 94%), le préscolaire (entre 4 et 6 ans) avance à pas de tortue, en tout cas on est encore loin de la généralisation à 100% prévue par la Charte d’éducation et de formation en 2000. Les chiffres livrés par le ministère dans ce recueil sont parlants. S’il y a une légère hausse dans le milieu urbain puisque le nombre passe de 684 783 à 740 196 entre 2004 et 2011 (64,5%), il a stagné, voire reculé, en ce qui concerne le préscolaire dans le milieu rural : ils étaient 247 688 en 2004-2005 (soit 41,7%), ils ne sont plus que 216 000 en 2009, et 211 000 en 2010-2011 (38,5%).

Recul des nouveaux inscrits dans les classes du primaire entre 2004 et 2011

Le primaire a connu également un recul relatif des nouveaux inscrits entre 2004 et 2011, aussi bien dans l’urbain que dans le rural : leur nombre est passé de 573 000 à 538 584. Deux explications possibles et l’une n’exclut pas l’autre : plusieurs élèves abandonnent l’école primaire avant d’atteindre la 6e année ;  il y aura moins d’inscrits car les élèves en âge de scolarité ne sont pas aussi nombreux, entre 2004 et 2011, du fait de la baisse du taux de natalité. Concernant le taux de redoublement pendant les 6 ans du primaire, il varie, selon les niveaux, entre 6,41% et 11,15%, les écoles rurales en sont plus affectées que les écoles urbaines. Le total du corps enseignant dans le primaire atteint 127 100 en 2010-2011, alors qu’il était seulement  de 17 910 en 2004. Celui des collèges est de 54 716 en 2011, dont plus de 14 000 dans le rural. Celui des lycées est de 41 213.
Mais, au niveau de l’enseignement secondaire qualifiant, c’est l’inverse qui se produit entre les effectifs des branches scientifiques et les branches littéraires : les premières attirent nettement plus de candidats que les secondes. En 2010-2011, ils étaient 341 332 élèves dans la branche des lettres et des sciences humaines, 455 200 dans les branches scientifiques et 42 850 dans les branches technologiques.
Ce renversement de situation entre le nombre des littéraires et des scientifiques, voulu par la Charte et par le Plan d’urgence, pour mieux répondre aux besoins du marché du travail, n’est pas synonyme de qualité. Le niveau laisse à désirer, et des dizaines de milliers de bacheliers sont désorientés une fois le bac en poche, ne sachant quel type d’études supérieures entreprendre. Et seule une minorité de ces scientifiques, celle qui a décroché une bonne moyenne au bac, est bien partie pour choisir les meilleurs établissements publics, tant ceux des ingénieurs, du commerce et de management, que les facultés de médecine et de pharmacie. Les autres, scientifiques ou pas, se ruent sur les universités publiques et les écoles supérieures privées.

La Vie éco
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