dimanche 19 septembre 2021
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AGRICULTURE: LE GRENIER DU MAROC SE VIDE

 

 

LA PRODUCTION DIVISÉE PAR DIX DANS LA CHAOUIA!


FORTE PRESSION DU CHEPTEL ET TRÈS FAIBLE COUVERT VÉGÉTATIF: DES CULTURES SACRIFIÉES


PRIX DES ALIMENTS DE BÉTAIL EN HAUSSE, PAS DE PROGRAMME D’IRRIGATION, NI DE CULTURE DE RATTRAPAGE 

 

 

 

    C’EST la bérézina dans la Chaouia-Ouardigha. Ce traditionnel grenier du Royaume, qui dispose de 933.038 ha de surface agricole utile (SAU), soit 68% de la superficie totale de la région, est aujourd’hui gravement menacé. En effet, la situation à Settat et Ben Ahmed, mauvaise à moyenne, aurait pu être sauvée, s’il avait plu mi-mars. En revanche, dans la zone d’El Borouj, la situation est précaire qu’il pleuve ou non, selon la direction régionale de l’agriculture (DRA). En outre, la Chaouia ne profite pas de la présence sur son territoire d’un grand barrage (Al Massira) et d’un important cours d’eau (Oum Errabiâ). En effet, le problème pour les cultures d’automne et pour les légumineuses s’est gravement accentué avec le gel et le froid enregistrés durant les mois de janvier et février derniers. Ce qui a entraîné un ralentissement de la croissance des cultures, un faible tallage des céréales et une accélération du stade montaison.

Le problème a été également constaté au niveau de l’état des parcours très dégradés suite au faible couvert végétatif et à une forte pression du cheptel sur ces terrains. A titre indicatif, dans El Borouj, zone d’élevage de la race ovine «Sardi» par excellence, le parcours d’une superficie de 100.000 hectares ne suffit plus aux 250.000 têtes recensées dans la région. D’ailleurs, les éleveurs de la zone ne cessent de demander un soutien en aliments de bétail pour sauvegarder leur cheptel qui constitue le principal de leurs revenus. Certains agriculteurs ont même commencé à utiliser les parcelles semées en céréales au pacage, pour sauver leur cheptel.
Pis encore, de nombreux agriculteurs n’ont pas cherché à installer des cultures de printemps (pois chiches et maïs), comme culture de rattrapage, par crainte d’absence de pluies. N’ayant aucune culture de l’anticipation ou de la gestion de risques, très peu d’entre eux ont souscrit des assurances multirisques.
Au niveau de la province de Settat, la souscription est restée très faible, malgré les campagnes de sensibilisation. Selon des statistiques officielles, cette souscription a atteint  58.000 ha seulement pour toute la région Chaouia-Ouardigha, soit même pas 1% de la SAU.
Pour atténuer les effets de cette situation, les responsables envisagent de mettre sur pied un programme de sauvegarde du cheptel de la zone d’El Borouj en premier lieu et par la suite l’étendre aux autres zones de Settat, et Ben Ahmed. Aussi sera-t-il procédé à une distribution de l’orge aux éleveurs. Et dans une seconde étape, les autorités veulent inciter les unités de fabrication d’aliments pour le bétail à commercialiser leurs produits à des prix raisonnables qui s’adaptent avec la conjoncture de sécheresse et à encourager l’amélioration pastorale pour sauvegarder le cheptel. Parmi les autres mesures, figurent l’encouragement de l’irrigation des cultures fourragères pour servir d’aliment de bétail, l’irrigation des céréales pour la multiplication des semences en cas de sécheresse et la constitution d’une réserve de semences pour l’année à venir. Il y a également lieu de citer la pratique de l’irrigation au goutte-à-goutte et la souscription aux assurances multirisques. La région abrite des écosystèmes et des niches de production agricole assez diversifiées (céréales, fourrages, maraîchages, arboriculture, horticulture, produits du terroir végétaux et animaux…).
La filière végétale reste largement dominée par les céréales en raison du climat semi-aride, en effet 73% de la SAU est réservée à la céréaliculture et fournit en moyenne 15% de la production nationale. Les fourrages (orge, avoine, maïs, pois fourrager) cultivés sur 6% de la SAU sont produits à environ 300.000 tonnes annuellement.
Quant aux légumineuses alimentaires, elles occupent 5% de la SAU et sont principalement composées de fèves, féveroles, lentilles, pois chiches et petits pois. L’arboriculture est dominée par l’olivier au niveau des provinces de Settat et Khouribga et par la vigne à Benslimane.
Pour la filière animale, le cheptel est important: 272.500 têtes bovines qui contribuent à 11% de la production nationale. La région est également le berceau des races ovines performantes notamment le «Sardi» et le «Jaune de Boujâad» avec 784.600 têtes, soit 10,3% du cheptel national. La région est pionnière sur la filière avicole. En effet, elle fournit 28% de la production nationale des viandes blanches, 24% pour la production d’œufs (607 millions d’unités). Le plan agricole régional prévoit, pour l’horizon 2020, un programme de 295 projets estimés à 8,791 milliards de DH. Sept filières ont été retenues, à savoir la céréaliculture, le maraîchage, l’arboriculture (olivier et vigne), les viandes rouges, les viandes blanches, le lait et la cuniculture. Un potentiel gravement menacé cette année.

Etat végétatif critique

SACHANT que les précipitations des mois de décembre, janvier et février derniers sont restées très faibles par rapport à la moyenne, le cumul moyen des précipitations est de 145,15 mm, contre 244,10 mm en année moyenne. Soit donc un déficit hydrique de 40%. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, le stade végétatif dominant est la montaison rendant la situation critique, notamment dans la zone sud. Si les pluies n’arrivent pas dans les deux semaines prochaines, la production céréalière ne dépassera guère un million de quintaux, et il faut préciser encore que cette production sera l’œuvre essentiellement des superficies irriguées. L’on est donc loin des 10 millions de quintaux de la campagne agricole  2009/2010. Il faut savoir que 82.000 hectares ont été emblavés en blé dur, 128.500 en blé tendre et 119.000 en orge. L’élevage, non plus, n’a pas été épargné par le climat marqué par la sécheresse et des gelées persistantes. Les parcours sont dénudés et les prix des aliments de bétail sont en hausse, alors que l’écoulement du cheptel s’effectue à des prix très bas.


 

  Barrage Al Massira

     Dans la zone d’El Borouj, la situation est précaire qu’il pleuve ou non. Alors qu’il existe dans cette région un des plus importants barrages du Maroc, Al Massira, assorti d’un des plus importants fleuves du Royaume, Oum Errabiâ… inexploités!

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