samedi 27 février 2021
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Une nouvelle flambée des prix du pétrole menacerait la croissance mondiale

Patrick Artus, le chef économiste chez Natixis, calcule que tout renchérissement de 10% des prix du pétrole ponctionne l'économieaméricaine de 0,21% du PIB, et de 0,18% celle de la zone euro.

Les grands banquiers centraux sont en alerte. Faible, la croissance mondiale pourrait pâtir d'une poursuite de la hausse des prix de l'or noir. «Une perturbation majeure qui enverrait très haut les prix du pétrole pourrait interrompre le redressement» économique, déclarait il y a un mois et demi Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale aux membres du Comité du budget du Sénat américain. Depuis lors, les cours de l'or noir ont poursuivi leur ascension, se stabilisant dans une fourchette comprise entre 121 et 127 dollars le baril de Brent livrable en mai. Un prix qui pour l'heure ne remet pas fondamentalement en cause les perspectives de croissance, s'accordent à dire les économistes. Patrick Artus, le chef économiste chez Natixis, calcule que tout renchérissement de 10% des prix du pétrole ponctionne l'économie américaine de 0,21% du PIB, celle de la zone euro de 0,18% (-0,19% pour le PIB français ; -0,08% pour celui de l'Allemagne ; -0,32% pour le PIB espagnol et -0,24% pour celui de l'Italie). La cote d'alerte de la croissance serait atteinte seulement si les cours de l'or noir flambaient jusqu'à 150 dollars le baril, un pic historique déjà atteint en 2008, jugent les experts de HSBC. Une éventualité pas si improbable.

 

Il suffirait que l'Iran mette à exécution sa menace de fermer le détroit d'Ormuz pour que le prix du pétrole s'envole à 210 dollars, estime Julian Jessop, chef économiste chez Capital Economics. «Par le passé, les hausses annuelles de 100% du prix réel du pétrole ont plongé l'économie américaine en récession. Ceci se traduirait aujourd'hui par un prix de 210/220 dollars le baril», indique Madhur Jha, chez HSBC. Mais on en est encore loin.

 

Risques sur l'inflation

 

En revanche, le pétrole à 120 dollars le baril exerce déjà une influence qu'il ne faut pas sous-estimer sur l'inflation. «Les risques de hausse des prix à la consommation augmentent à court terme du fait de prix du pétrole plus élevés qu'attendus ainsi que de la hausse des impôts indirects», soulignait en début du mois Mario Draghi, le président de la BCE. En conséquence de quoi, l'institut de Francfort prévoit que l'inflation campera au dessus des 2% sur l'ensemble de l'année. Michel Martinez, économiste à la Société Générale, anticipe qu'il faudra attendre le printemps 2013 pour voir l'inflation descendre en dessous de 2% aux Etats-Unis et dans la zone euro.

 

Un taux de croissance des prix à la consommation de cette nature placerait les banques centrales face à un choix compliqué : maîtriser l'inflation en durcissant la politique monétaire au risque de mettre en péril une croissance fragile ou, au contraire, desserrer encore davantage les cordons de la bourse pour soutenir des économies vulnérables à la hausse du prix du baril. Pour l'instant, relèvent Neil Dutta et Ethan Harris, économistes chez Bank of America Merrill Lynch, les banquiers centraux optent pour la poursuite de leurs politiques de soutien à la croissance, considérant que l'augmentation du prix du pétrole est temporaire. Mais les banques centrales savent pertinemment que ces politiques dites d'assouplissement quantitatif entraînent un effet boomerang sur les cours de l'or noir en alimentant la croissance (et l'inflation) des pays émergents qui renforce la demande d'énergie, donc de pétrole. Il suffirait d'un «accident» géo-stratégique pour casser ces délicats équilibres.

 
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